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Gazole à 2,50 € à Noël en Martinique : pourquoi le scénario GTMAG se confirme !!!
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Le 10 septembre, GTMAG.fr posait une hypothèse : si les tensions au Moyen-Orient ne retombaient pas, le gazole pouvait franchir les 2,50 € le litre en Martinique d'ici la fin de l'année. Trois semaines plus tard, la préfecture fixe le gazole à 2,27 € et le sans-plomb à 2,10 € au 1er octobre. La marche restante n'est plus que de 23 centimes. Décryptage.
Par Jean-Marc Wollscheid, Rédacteur en Chef — GTMAG.fr — 30 septembre 2026
Martinique, on y est !!! Dès ce jeudi 1er octobre, à zéro heure, le litre de sans-plomb passe à 2,10 €, soit 20 centimes de plus qu'en septembre. Le gazole grimpe de 19 centimes et s'affiche désormais à 2,27 €. Après le gazole en septembre, c'est l'essence qui franchit à son tour la barre symbolique des 2 euros. Que vous rouliez sur la Rocade de Fort-de-France, sur la RN1 vers Le Lamentin ou dans les lacets de la Route de la Trace, le plein va vous coûter nettement plus cher.
Signe que l'heure est grave : le préfet n'a pas envoyé ses prix par simple courriel comme chaque mois. Il a réuni les acteurs économiques de l'île dès le mardi 29 septembre, avant l'annonce officielle, pour rappeler les aides de l'État. Quand la préfecture change de méthode de communication, c'est qu'elle sait que la pilule sera difficile à avaler.
Le gazole en Martinique depuis janvier 2026 (prix maximum au litre)
| Date | Gazole | Sans-plomb | Contexte |
| Janvier 2026 | 1,53 € | — | Avant l'escalade au Moyen-Orient |
| Mai 2026 | 2,09 € | — | Conflit, détroit d'Ormuz perturbé |
| Juillet 2026 | en baisse | en baisse | Cessez-le-feu, Brent à 91 $ en juin |
| 1er septembre | 2,08 € | 1,90 € | Reprise des hostilités (+8,9 %) |
| 1er octobre | 2,27 € | 2,10 € | Pénurie mondiale de gazole |
| 1er décembre ? | 2,50 € | ≈ 2,25 € | Scénario GTMAG si la crise dure |
Ce que nous avions écrit, et ce qui s'est passé depuis
Le 10 septembre, notre analyse partait d'un constat simple : plusieurs hausses de 15 à 30 centimes en quelques mois, un Brent sous tension permanente, et un mécanisme de prix administrés qui répercute les cours mondiaux avec un mois de décalage. Conclusion : les 2,50 € étaient plausibles d'ici décembre si Ormuz ne se calmait pas. Les 3 €, eux, demandaient un choc plus violent.
Trois semaines plus tard, le Brent tourne autour de 105 dollars le baril. Il a pris près de 21 % en un mois et environ 74 % depuis la première cotation de 2026, qui s'établissait à 60,75 dollars. Nous n'avions pas besoin d'un scénario catastrophe : il suffisait que la crise dure. Elle dure.
Pourquoi le gazole souffre plus que l'essence
Regardez bien les chiffres d'octobre : le gazole coûte désormais 17 centimes de plus que le sans-plomb. Pendant des années, le diesel était le carburant « bon marché » des gros rouleurs antillais. Ce n'est plus le cas, et ce n'est pas un hasard.
La préfecture elle-même l'écrit noir sur blanc : la hausse est la conséquence de la crise persistante au Moyen-Orient et de la situation en Russie, qui provoquent une pénurie de gazole sur les marchés internationaux. Les bruts du Golfe et de l'Oural russe sont justement ceux qui donnent le plus de gazole au raffinage. Quand ils manquent, le pétrole de schiste américain, trop léger, ne les remplace pas litre pour litre. Résultat : mi-septembre, les contrats à terme européens sur le gazole, qui servent de référence au diesel, ont clôturé à un niveau record.
Le problème n'est plus seulement le prix du baril. C'est la rareté du gazole déjà raffiné. Et ça, aucun cessez-le-feu ne le règle en quinze jours !!!
Les trois moteurs de la hausse d'ici décembre
1. Le retard mécanique du prix administré
En Martinique, le préfet fixe chaque mois un prix maximum à partir des cotations du mois précédent. Le prix d'octobre reflète donc la flambée de septembre. Mais les cotations de fin septembre, déjà au-dessus de 105 dollars, pèseront sur le prix du 1er novembre. Autrement dit : une partie de la prochaine hausse est déjà dans les tuyaux.
2. L'hiver de l'hémisphère Nord
Ici, on ne se chauffe pas au fioul. Mais en Europe et en Amérique du Nord, l'automne marque le début de la demande de fioul domestique, qui est chimiquement un cousin très proche du gazole. Chaque année, cette demande saisonnière tend la marge de raffinage du diesel. Cette année, elle tombe en pleine pénurie.
3. Le dollar et Ormuz
Le pétrole se paie en dollars. Un euro qui faiblit, et c'est le litre qui renchérit, même à baril constant. Quant au détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, certains flux ont repris fin septembre, mais bien en dessous des volumes d'avant-guerre. La moindre annonce diplomatique, positive ou négative, fait bondir ou plonger le Brent de plusieurs dollars en une séance.
Le calcul GTMAG : 23 centimes en deux marches
D'ici la fin de l'année, il reste deux arrêtés préfectoraux : celui du 1er novembre et celui du 1er décembre. Pour passer de 2,27 € à 2,50 €, il faut environ 11 à 12 centimes par mois. C'est bien moins que les 19 centimes que nous venons d'encaisser en une seule fois.
Petit repère pour comprendre : un baril contient 159 litres. Chaque hausse de 10 dollars du baril représente donc, mécaniquement, environ 5 à 6 centimes d'euro par litre de brut, avant même que la marge de raffinage du gazole ne s'envole. Avec un Brent qui se maintiendrait au-dessus de 100 dollars et un gazole raffiné toujours rare, les 23 centimes sont à portée de main.
Nos trois scénarios pour le gazole au 1er décembre 2026
| Apaisement | 2,05 à 2,20 € | Accord entre Washington et Téhéran, retour des flux par Ormuz, Brent vers 80-85 $. Baisse dès décembre. |
| Crise qui dure | 2,40 à 2,55 € | Brent entre 100 et 110 $, gazole européen toujours sous tension, hiver au Nord. C'est notre scénario central. |
| Aggravation | 2,60 € et plus | Fermeture même partielle d'Ormuz, extension du conflit au Yémen et à l'Arabie saoudite, euro en recul. Les 3 € redeviennent un sujet. |
Ce que ça coûte à votre portefeuille
Prenons un plein de 50 litres de gazole. En janvier, il coûtait 76,50 €. À partir de demain, il coûte 113,50 €. À 2,50 €, il atteindrait 125 €. C'est près de 50 € de plus par plein en moins d'un an.
Pour un conducteur qui roule 15 000 km par an avec une voiture diesel qui consomme 6 litres aux 100 km, la facture annuelle passe de 1 377 € au prix de janvier à 2 043 € au prix d'octobre, et grimperait à 2 250 € à 2,50 €. Près de 900 € de plus par an. Pour un taxi, un artisan du BTP, un transporteur ou un marin-pêcheur, multipliez par trois ou quatre.
Pourquoi « moins cher que l'Hexagone » ne console personne
La préfecture le rappelle : nos prix restent inférieurs à ceux constatés dans l'Hexagone. C'est exact, et c'est logique : l'État ne prélève ni TVA ni TICPE sur les carburants consommés en Martinique. Mais comparer le litre, c'est oublier le reste : nos salaires, nos prix alimentaires, l'absence d'alternative réelle à la voiture quand on habite au Morne-Rouge, au Marigot ou à Sainte-Anne.
Et si la SARA devenait un levier d'ajustement ?
Le cours du baril, personne ne le décide ici. Le dollar non plus. Mais le prix maximum fixé par le préfet ne se résume pas au pétrole brut : il intègre aussi la part qui revient à la SARA, la raffinerie du Lamentin, pour le raffinage, le stockage et la logistique du carburant distribué aux Antilles.
D'où une question simple, que nous posons sans a priori : dans une crise exceptionnelle comme celle-ci, cette part pourrait-elle servir, même temporairement, de point d'ajustement des prix ? Dans l'Hexagone, des distributeurs ont accepté de plafonner volontairement leurs tarifs. Un effort comparable, négocié entre l'État, la SARA et les collectivités, est-il envisageable en Martinique ? Ou le cadre réglementaire actuel l'interdit-il ? La question est posée, à la préfecture comme à la SARA.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
Vérifier votre éligibilité aux aides carburant de l'État, dont le préfet a rappelé l'existence le 29 septembre : grands rouleurs, professionnels, pêcheurs, agriculteurs, soignants à domicile.
Faire le plein fin octobre plutôt que début novembre si une nouvelle hausse se confirme : le prix maximum est fixé pour tout le mois.
Lever le pied : rappelons que la vitesse est limitée à 90 km/h sur nos routes. Rouler souplement sur la RN1 ou l'autoroute du Lamentin peut économiser jusqu'à un litre aux 100 km.
Vérifier la pression de vos pneus : un pneu sous-gonflé, avec la chaleur de nos routes, c'est de la consommation en plus.
Covoiturer pour les trajets domicile-travail vers Fort-de-France, surtout aux heures de pointe où l'on consomme à l'arrêt.
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L'avis de GTMAG
Je ne suis pas devin, et personne ne prédit le cours du pétrole à trois mois avec certitude. Une vraie désescalade au Moyen-Orient pourrait faire mentir notre scénario, et je serai le premier à m'en réjouir. Mais tous les signaux vont aujourd'hui dans le même sens : un baril au-dessus de 100 dollars, un gazole raffiné en pénurie mondiale, un hiver qui arrive au Nord et un mécanisme de prix qui répercute tout avec un mois de retard. Les 2,50 € à Noël ne sont plus une hypothèse de journaliste. C'est la trajectoire actuelle.
Martinique, on suit ça de près pour vous, arrêté après arrêté. Et vous, combien vous coûte votre plein ? Dites-le-nous en commentaire !!!
Analyse signée Jean-Marc Wollscheid, Rédacteur en Chef — GTMAG.fr
Sources : préfecture de la Martinique (arrêté des prix au 1er octobre 2026), cotations du Brent au 29 septembre 2026, analyse GTMAG.fr du 10 septembre 2026. Projections : calculs GTMAG.fr.
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